1er mai – Fête du travail Pas de hausse du pouvoir d’achat sans baisse du chômage

Un chômage des jeunes persistants, baisse du pouvoir d’achat, déserts médicaux, fracture numérique, sentiment de déclassement…Les images de la situation sociale de la France sont sans doute moins spectaculaires pour les réseaux sociaux et les médias que les dégradations des casseurs et ou autres « blacks blocs » mais elles ne peuvent masquer la réalité sociale du pays.

Non seulement la violence dessert les causes que les casseurs prétendent défendre, mais ce sont nos petits entrepreneurs, nos commerçants, nos artisans, et leurs employés qui en subissent les conséquences.

Dès lors, revenons à l’essence du 1er mai, Journée internationale du travail, dans de nombreux pays en hommage à ces ouvriers grévistes de Chicago qui demandaient en 1886 la journée de huit heures.

En France, journée de travail chômée depuis 1919, point de départ des grandes réformes sociales du Front populaire en 1936, journée chômée et payée depuis 1947, la Fête du travail 2019 résonne dans un contexte social particulier.

En effet, fin novembre 2018, de La Réunion à l’hexagone, le mouvement des Gilets jaunes est venu rappeler combien la question du travail demeure centrale pour nos concitoyens. La crise que nous traversons n’est pas seulement dans le lien entre les gouvernés et les gouvernants, pas seulement entre Paris et la France rurale, pas seulement entre l’hexagone et les territoires ultramarins, c’est aussi le reflet d’une colère face à un travail qui manque, qui ne paie pas assez et qui n’est pas reconnu. La France des ronds-points est une France qui est venue clamer sa frustration et son anxiété face à un travail qui ne leur permet plus de ne plus vivre dignement.

Sans remonter très loin dans le passé et sans même aller au-delà des frontières de notre pays, le travail est aussi une source de souffrances psychologiques et physiques, mais pour tant de nos compatriotes le chômage est lui aussi une source de souffrances et de difficultés.

Dès lors, nous devons nous battre contre le chômage, particulièrement en Outre-mer et par tous les moyens, en utilisant toutes les techniques, toutes les actions en mobilisant toutes les bonnes volontés, toutes les énergies, et pas simplement les discours et les promesses.

C’est l’affaire de tous, aussi bien des élus et des entreprises, des enseignants comme des bénévoles du secteur associatif.

C’est la synergie de tous les acteurs qui permettra de faire reculer le chômage et ses maux, de revaloriser le travail et par conséquent d’augmenter le pouvoir d’achat des Français.

Lorsque j’étais Vice-présidente du Département de La Réunion et déléguée à la jeunesse, j’avais réuni le département de la Réunion, la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat et bien d’autres pour lancer le TAJ : Tremplin pour l’Activité des Jeunes. Un plan d’action concret qui vise à soutenir financièrement (8 000 €) les jeunes afin de les accompagner dans le montage de leur projet.

C’est finalement, plus de 600 jeunes qui se sont intégrés dans le monde de l’économie et en créant leur propre activité. Ces entreprises-là, sont les emplois d’aujourd’hui et de demain.

Dès lors pourquoi ne pas étendre ce dispositif à d’autres départements ultramarins et métropolitains ?

De 2012 à 2017, le rendez-vous avec la jeunesse fut manqué malgré l’objectif de faire de cette jeunesse une priorité. Ce 1er mai est l’occasion d’un nouveau rendez-vous, ne le manquons pas.