Lettre ouverte à la ministre des Solidarités et de la Santé: pour le dépistage universel du VIH et des hépatites B et C

Madame la Ministre,

Le 26 mars 2018, dans le cadre du comité interministériel de la santé, vous avez avec le Premier ministre, présenté le plan « priorité prévention » dans lequel est fixé l’objectif d’éliminer sur le territoire national l’hépatite C à horizon 2025.

Ce plan se décline à travers le renforcement de l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C avec l’ouverture à de nouveaux prescripteurs, le développement du dépistage avec une approche combinée du VIH, du VHC, du VHB et des actions de préventions vers des publics trop éloignés du système de santé.

À la suite de ce plan, une renégociation des prix a rendu les antiviraux directement disponibles dans toutes les officines.

Or, si aujourd’hui le cout du traitement est un obstacle mineur, seule la mise en place du dépistage universel permettrait d’atteindre l’objectif fixé, alors que s’agissant de l’hépatite C 100 000 personnes resteraient à traiter en France, dont 75 000 qui l’ignorent. Quant au VIH 173 000 personnes vivent encore avec et parmi eux 25 000 l’ignorent.

Ainsi, le dépistage universel et systémique du VIH, du VHC et du VHB permettrait non seulement de réaliser des économies en raison d’une détection précoce, mais bien davantage, de réduire à la fois les complications ainsi que les transmissions.

En novembre 2018, la Haute Autorité de santé avait d’ailleurs annoncé étudier la question du dépistage universel pour l’hépatite C.

Enfin, les similitudes épidémiologiques entre le VHC, le VIH et le VHB invitent à la mise en place d’un dépistage universel et combiné pour ces trois virus, comme recommandé par l’ONUSIDA.

Ainsi, Madame la Ministre, je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’informer de l’état d’avancement de cette étude.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Madame la Ministre, l’assurance de ma très haute considération.