Restitution du Grand débat national : être à la hauteur des espérances

Annoncé par le Président de la République Emmanuel Macron en décembre dernier, le Grand débat national, dont le coût est estimé à 12 millions d’euros pour l’État, et qui a monopolisé toutes les attentions depuis des mois touche désormais à sa fin.

Passé les mots et les réunions fleuves, passé le concours Lépine des ministres sur les retraites et la fiscalité, l’heure est à la restitution de ces milliers de réunions, de cahiers de doléances et de courriers de nos concitoyens.

Si les Françaises et les Français se sont mobilisés, ils s’impatientent et attendent désormais du gouvernement des réponses, des actes et des résultats.

Particulièrement dans les territoires ultramarins, qui des États généraux des Outre-mer en 2009 au Grand débat national en 2019 en passant par les Assises des Outre-mer en 2017, finissent par se détourner de la politique faute de mesures tangibles.

La France est en pause depuis plus de deux mois, le Parlement tourne au ralenti et à ce jour, c’est le flou qui l’emporte: dans quel domaine le gouvernement prendra-t-il des mesures ? Sous quelle forme ? Par une ou des lois ? Par referendum ? Selon quel calendrier ? Au moment des élections européennes ou à la rentrée de septembre ? En une fois ou perlé ?

C’est au Président de trancher nous dit-on, alors même que l’on attendait à l’issue de ce Grand débat une pratique moins verticale du pourvoir.

Conscience écologique, exigence de justice fiscale, demande de services publics de proximité, besoin de décentralisation, les thèmes de la restitution du Grand débat énoncés par le Premier ministre hier au Grand Palais et aujourd’hui devant l’Assemblée nationale étaient déjà connus.

Répondre seulement par une baisse des impôts et de la dépense publique aux revendications sur le Référendum d’initiative citoyenne et sur l’Impôt sur la fortune, ne permettra pas de rebâtir un nouveau contrat avec la Nation qui doit s’écrire en partant des propositions des citoyens, des associations et des élus.

« Après le grand débat, rien ne sera comme avant », assure Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. J’invite donc la majorité à dialoguer sincèrement avec son opposition responsable plutôt que d’organiser à l’Assemblée un débat sans vote sur le Grand débat.